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Hamed Bakayoko sur TCI -

Samedi 26 2 2011| Catégorie:divers | 0 Commentaire(s) | RSS Feed S'abonner aux Flux

 

 




t="" width="580" height="387" />Comment on peut vouloir rester au pouvoir, tuer tous les jours autant d'Ivoiriens sans être préoccupé. Ce pouvoir, il veut le garder pour quoi ? Pour qui ? Pour son camp ? Mais qu'est-ce qu'il peut faire avec son camp ? Mais son camp est terrorisé ! Il ne le voit pas. Le premier cercle est terrorisé. Aujourd'hui, il y a des gens comme le professeur Mamadou Koulibaly qui considèrent que cette politique n'a pas été cohérente, depuis les Accords politiques de Ouagadougou. Qui a été en cohérence avec lui-même, mais qui ne dit plus rien. Des gens comme Bohoun Bouabré, qui ne disent plus rien, parce qu'ils se disent que c'est la bande à Tagro qui mènent tout cela autour du Président Gbagbo. Ils les regardent. Mais, ils sont déçus, tous ces gens du FPI, qui ont conçu pendant longtemps leur vie autour des valeurs de gauches, de liberté et de démocratie. Être aujourd'hui complice, parce que leur leader avec une clique est en train de les mener à l'abattoir, c'est forcément difficile à vivre. Qu'est-ce qu'ils espèrent ? J'essaie de me projeter par la force, par la terreur en tuant, je me maintiens et après, je fais quoi ? Comment je crée des lycées ? Comment je construis des universités ? Comment je construis des hôpitaux ?



Mais demain, il faut bien que la Côte d'Ivoire par rapport à notre situation, ait un programme économique avec le Fonds monétaire. Or cette institution dit : « je ne travaillerai jamais avec toi (Gbagbo) parce que tu es illégitime ». Il faut des financements avec la Banque mondiale, mais la Banque mondiale dit : « je ne te reconnais pas ». Il faut des financements de l'OMS. Mais l'OMS dit : « je ne te reconnais pas ». Tu veux garder le pouvoir pourquoi ? Pour porter des costumes, pour avoir des copines ? Mais ça, on peut lui en donner. Il n'a pas besoin pour cela de continuer à prolonger les souffrances des Ivoiriens.


Mais, vous, ministre de l'Intérieur, est-ce que vous vous préoccupez des morts des deux côtés, des civils et des FDS ?






Bien sûr. Pour nous, la mort d'un Ivoirien doit nous interpeller. Nous avons rencontré des familles des FDS, qui sont RHDP. Parce que dans la logique du commandement, vous êtes Bakayoko, Kouakou, Zadi et êtes en poste dans un commandement. On vous dit : « réunissez le peloton, mouvement vers Abobo ! ». Vous y allez et vous tombez dans les combats alors qu'au fond de vous, vous n'êtes pas d'accord avec cette décision. C'est pour cela que je veux lancer un appel à tous nos frères militaires. Il faut qu'ils désertent. Il faut qu'ils quittent les rangs de ces chefs qui les conduisent à l'abattoir, de ces chefs qui veulent faire tuer leurs compatriotes. Il faut qu'ils désertent et qu'ils rejoignent le camp de tous leurs amis, qui savent qu'ils sont nombreux et qui sont en contact permanent. Aujourd'hui, il y a un commandement ici, qui est basé au Golf et qui comprend plusieurs officiers dont le porte-parole est le capitaine Alla et qui fait des communiqués. Nous savons aujourd'hui que beaucoup de FDS prennent leurs armes et vont rejoindre le camp du peuple. C'est comme ça qu'on fait la révolution, c'est comme ça qu'on aide le peuple. C'est comme ça qu'on rentre dans l'histoire. Regardez ce qui se passe dans d'autres pays. Vous avez rendez-vous avec l'histoire, vous devez aider vos frères, vous devez regarder votre conscience. Votre conscience, le juge de la conscience. Vous êtes assis. Vous-mêmes, vous savez qu'il y a eu des élections. Certains d'entre vous ont voté Alassane Ouattara. Mais on vous impose d'aller tuer ses partisans qui demandent pacifiquement le droit de manifester, qui est un droit inaliénable de tout être. Il faut dire non, il faut vous rebeller, il faut déserter.


Et dans cette situation de violence inouïe, vous demandez à vos manifestants de continuer ?




Non. En fait, nos militants avaient souhaité faire des manifestations pacifiques pour accueillir les chefs d'Etat. Ces manifestations ont été réprimées dans des conditions disproportionnées, à l'arme lourde, avec des RPG7, avec des roquettes. Nos manifestants avaient souhaité faire des rassemblements à deux grands meetings ; à Abobo et à Koumassi qui ont été réprimés. Même pas des marches. Des manifestations pacifiques. C'est vrai, nous ne pouvons pas continuer à demander à nos militants d'aller se faire tuer. Nous sommes en train d'adapter les méthodes de lutte. Nous sommes en train d'adapter la stratégie du moment au contexte. Ce qui va faire que très bientôt, nous aurons des mots d'ordre clairs, qui tiennent compte du contexte. Mais je peux vous dire que nous sommes très optimistes, parce que selon les informations que nous avons en notre possession, le niveau de ralliement, le niveau d'organisation qui en train d'être mis en place me fait percevoir que le système de Gbagbo est en train de se fissurer, le système de Gbagbo est en train de se casser. Le système va craquer, les gens n'en peuvent plus. Le moral des troupes est au plus bas, on le sait et Gbagbo le sait. Gbagbo règne par la terreur. Même ses proches collaborateurs qui ont envie de lui faire entendre raison ont peur. Ceux qui ont essayé, se sont vus bannis. L'ancien secrétaire général de la présidence, qui a voulu dire la vérité, a été pourchassé. Aujourd'hui, il est pratiquement caché. Tous les amis de Gbagbo qui veulent lui dire la vérité, on les traumatise et ils se taisent


Aujourd'hui, pour beaucoup M. le ministre, les ingrédients de la guerre civile sont en train de se mettre en place.


Non, je ne dirais pas cela. Je pense que c'est ce que Gbagbo cherche. C'est la stratégie de la terre brûlée. Gbagbo veut qu'après lui, ce soit le chaos. Sa théorie est : « Maintenez-moi, sinon c'est le chaos ». C'est la technique de la terre brûlée. Et vous savez, je peux vous le raconter, Gbagbo déjà en conseil nous disais : « quand tu es un garçon, en pays bété, quand tu es un baobab et qu'on vient pour terrasser le baobab et que le village est ravagé, on dit que ça, c'est un baobab ». Traduction : « je suis parti, mais avant j'ai fait tellement de dégâts, j'étais un garçon ». Mais, le ce n'est pas ainsi qu'on peut qualifier un garçon. Ce n'est pas ça un garçon. Aujourd'hui, le monde a changé. Sinon, avant on allait rester. On allait se battre à coups de poing et le plus fort allait être le chef. On a dit, on s'investit dans un processus qui est une précaution contre les dénis de démocratie, de droit. Parce que tout ce qui s'est passé en dessous des valeurs nouvelles, de démocratie. C'est-à-dire, on demande au peuple : qui est le meilleur choix ? Le peuple te choisit et il met en place une politique sur la base de laquelle il a été élu. C'est ça être un garçon. C'est ça être un grand homme pour pouvoir entrer dans l'histoire. Regardez aujourd'hui ce qui ce passe, le nom Gbagbo, comment il le porte pour lui-même, pour ses descendants, ses petits enfants ? Pendant des générations, il aura été le Président de la guerre, il aura été le Président des tueries, il aura été le Président de la Côte d'Ivoire qui a connu la fermeture des banques, des souffrances extrêmes de la population. Mais pourquoi cela ? Pour maintenir un pouvoir que tu ne pourras pas garder, qui ne t'apportera rien, dont tu ne pourras rien faire ? Aujourd'hui, voilà un régime qui n'a aucun ambassadeur à l'extérieur. Ils ne parlent avec personne. Ils sont au palais ou à Cocody, ils mangent du riz, ils sont contents. Récemment, pendant que les gens meurent, ils envoient Kassav pour faire un concert et ils rient aux éclats, ils sont contents. Mais quelle inconscience ! Quelle insouciance ! Mais qu'est-ce que nous avons fait pour mériter cela ?




Aujourd'hui, M. le Ministre, la fracture est large et ne cesse de s'agrandir. Le pays est presque en lambeau. Comment faire pour ressouder ce pays ?


D'abord, il faut qu'on fasse partir Gbagbo, le plus vite possible. Ce ne sont pas des paroles en l'air, mais vraiment nous sommes au travail. Très sérieusement. C'est vrai que la tâche n'est pas facile. Parce que nous on préparait les élections. On était en campagne, à gauche à droite. Or lui, il préparait la guerre. Peut-être, mea culpa, on n'a pas vu venir ce niveau d'extrémité. Mais, nous avons pris les choses en main. Et je pense que Gbagbo va voir dans les jours qui viennent que l'équilibre de la terreur se fait. Au fur et à mesure, il va voir que la tendance est renversée, il va voir que son système va craquer, il va voir qu'il n'en pourra plus. Et tous ceux qui sont zélés aujourd'hui, vous les verrez défilé ici en Côte d'Ivoire, demander pardon aux Ivoiriens. Tous ces zélés, vous pouvez le noter, vous allez les voir demander pardon aux Ivoiriens. Quand ils vont être devant les tribunaux pour répondre de leurs actes, ce moment arrive, il n'est pas loin. Il faut que les Ivoiriens restent accrochés à cela. Quel que soit le niveau de souffrance, ce sont nos sacrifices. Parce que, derrière, il y a un grand projet pour la Côte d'Ivoire. Il y a une grande ambition pour la Côte d'Ivoire. Le Président Ouattara est déjà en relation avec les bailleurs de fonds, avec les partenaires pour que dès la sortie de crise, un plan Marshall pour la Côte d'Ivoire soit mis en place. Une conférence de tous nos amis pour mobiliser une aide massive pour essayer de compenser tous ces chocs dans tous ces secteurs, le secteur banquier, le secteur agricole, tous ces secteurs doivent être soutenus. Nous allons engager le combat pour redresser la Côte d'Ivoire. Et les Ivoiriens seront impressionnés par ce que nous allons faire. Mais pour le moment, nous avons un problème, une épine et on doit s'en débarrasser. Tous nos efforts sont tournés vers cet objectif.


Depuis quelques mois, nous émettons sur TCI depuis l'hôtel du Golf, M. le ministre, qu'est-ce qui a causé la création de cette chaine ?


C'est pour équilibrer l'information. Dire la vérité aux Ivoiriens. La télévision de la honte, vous la voyez tous les jours. Ils mentent, ils mentent. Ils divisent la Côte d'Ivoire. C'est la télévision des mille collines. Il ne faut pas accepter cela. Et puis, depuis l'indépendance de la Côte d'Ivoire, il y a eu la première chaîne, la deuxième est arrivée quand le Président Ouattara était Premier ministre. Aujourd'hui, en quelques jours, dans un environnement de blocus, il met en place une politique qui permet aux Ivoiriens d'avoir une télévision sur satellite dans les meilleures qualités que la RTI. Pour vous dire ce qui nous attend. En dix ans de pouvoir, le Front populaire ivoirien, n'a même pas été capable d'ajouter une nouvelle expression à l'espace audiovisuelle en Côte d'Ivoire.


Quelle différence y a-t-il entre TCI et la RTI ?


D'abord TCI, c'est la télévision de la paix. Vous, M. Brou Aka Pascal, tous les Ivoiriens vous connaissent, vous n'êtes pas un partisan, vous n'êtes pas un politique. C'est pour cela que de façon unanime, j'étais là, que les deux camps vous ont choisis. Le seul nom qui est revenu à l'unanimité des deux camps pour le débat du face à face. Le Président Ouattara a des partisans à la RTI, il aurait pu nommer l'un d'entre eux comme DG. Il vous a choisi parce qu'il veut mettre à l'avant les gens qui font l'unanimité pour conduire une télévision de paix, une télévision qui rassemble les Ivoiriens, qui réconcilie les Ivoiriens. Une télévision qui porte des valeurs nouvelles, qui vont construire la Côte d'Ivoire de demain. C'est la grande différence. Ce n'est pas une télévision de partisans. Ce n'est pas une télévision de gens qui font tout pour aggraver les souffrances des Ivoiriens. Ils n'ont même pas honte. Je suis gêné quand je vois le zèle de Ouattara Gnonzié. Je suis dépité. Je vois le zèle de Ouattara Gnonzié qui menace la presse. Je lui demande d'arrêter. Je lui demande de se souvenir. Le même zèle qu'il avait en 99. Avec le coup d'Etat, il a été arrêté. Il a une petite amie à l'époque, qui s'appelait Ami Traoré, qui m'a appelé en pleurs et qui m'a supplié d'intervenir. On a couru çà et là pour le protéger. Aujourd'hui encore, il recommence, dans le même zèle. Mais, il va voir, il n'y a jamais deux sans trois. Bientôt, encore il va se retrouver dans cette situation et demander pardon. Mais il va voir. Qu'il arrête donc son zèle. Qu'il arrête de menacer les journaux. Je luis parle, il sait de quoi je parle. Nous nous connaissons. Je lance un appel à tous ces cadres qu'on envoie à l'aventure. A tous ces cadres, des ministres comme Don Mello. Je sais qu'ils sont mal dans leur peau. Mais ils ont peur. Dallo Désiré, est un garçon agréable, mais ils ont peur. Il faut qu'ils arrêtent. Ce sont des gens qui sont structurés. Mais ne voient-ils pas qu'il n'y a pas d'issue ? Nous, on a peut être choisi une voie difficile, mais eux ont une voie sans issue. Imaginent-ils qu'un jour le monde va changer et que Gbagbo va rester Président ? Qu'on va prendre un nouvel ambassadeur de Gbagbo à l'ONU aux Etats-Unis, en France ? Non, c'est fini. Quand on dit Gbagbo est fini, c'est cela. C'est-à-dire résister pour exister. Mais pour quoi ? Aujourd'hui, il ne peut pas construire un programme de développement, il ne peut pas construire une route. Pour construire une route, il faut avoir affaire aux bailleurs de fonds. Parce que nous-mêmes, n'avons pas les ressources propres. Les bailleurs de fonds, que ce soit la Conférence islamique, que ce soit la Banque mondiale, l'Union européenne. Tous disent qu'ils ne travaillent pas avec toi. Comment vas-tu construire les routes ? On a fait des sacrifices pour le PPTE, qui va nous faire économiser 500 milliards de FCFA par an qu'on va réinvestir ? Le FMI dit que tu es un usurpateur et qu'il ne te connait pas. Il ne travaille pas avec toi. Leurs représentants ne te voient pas, ne te rencontrent pas. La France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, les pays avec qui ont peut avoir des relations de coopérations disent qu'ils ne te reconnaissent pas. Tu veux rester toi seul assis dans ton fauteuil, pour ton petit clan. Vous mangez du riz avec de la bière et vous êtes contents ! Ce n'est pas une vie, ce n'est pas une ambition ça ! Qu'ils ailent plus loin.


 


Pour revenir à la presse, vous avez parlez des menaces qui pèsent sur elle, Eugène Kacou, le président du Conseil national de la presse (CNP), a été limogé. Vous avez produit un communiqué pour rejeter la décision, mais concrètement Eugène Kacou est parti, son équipe a été balayée. Quel est le poids de votre communiqué ?


Ce sont des positions de principes. Pour nous, cette décision est nulle et de nul effet. Ce sont des positions de principes. C'est sûr, ils ont les armes, ils menacent les gens. Mais pour nous, cette mesure n'existe pas. Nous avons joint Eugène Kacou, il était dépité. Il n'avait pas envie de mener ce combat. Nous avons dit que pour nous, son institution et ses responsables demeurent. Les gens oublient le tribunal de l'histoire. Et ceux qui ont l'expérience savent que le temps va passer où ces choses là vont être derrière nous. Le temps est passé où Taylor était le maître de Monrovia, où il y régnait en maître. Aujourd'hui, il est dans un box. Ce temps-là viendra pour tous ceux-là. C'est pourquoi, même quand nous savons que ces mesures dans leurs effectivités vont être violées par la force brutale, nous prenons ces positions parce que ce sont des positions de droits et de principe. Pour nous juridiquement, toutes ces mesures qui sont prises n'ont aucun contenu. D'après eux, ils ont décidé que les ambassadeurs des Etats-Unis et de France n'étaient plus en fonction. Ils sont là. Ils vont et ils viennent. Parce ces derniers considèrent que cette décision n'a aucune valeur juridique. Nous sommes dans la même disposition d'esprit. Et d'ailleurs, le gouvernement a produit un communiqué global pour dire que toutes ces mesures qui sont prises par ces usurpateurs sont nulles et de nul effet et n'ont aucun fondement juridique. Nous nous en tenons à cela.


Les journaux proches du RHDP sont menacés. Certains responsables ont été convoqués à la police criminelle. Aujourd'hui qu'est-ce que vous pouvez dire pour les rassurer pour qu'ils continuent leur travail ?


Il faut qu'ils continuent. Ils mènent le bon combat. Nous les encourageons. Ce n'est pas facile. Nous le reconnaissons. Mais, c'est notre histoire, c'est notre épreuve, c'est l'épreuve de notre avenir. Je leur demande de se battre. De ne pas se décourager. Je dis à Ouattara Gnonzié qui est devenu le bourreau de la presse de faire attention, de s'arrêter. Que le même zèle qu'il a porté en 99 et qui le porte aujourd'hui va le perdre. Il viendra le jour où il va encore demander pardon. Qu'il arrête.


La crise postélectorale dure bientôt trois mois. Toute la communauté internationale a dit que M Ouattara est le vainqueur, vos militants qui ont voté pour lui attendent la mise en oeuvre de son programme. Certains trouvent le temps long. A quand le bout du tunnel ? Que pouvez-vous leur dire ?


Je veux parler aux Ivoiriens. Je l'ai déjà dit dans un autre cadre. Tout le monde est triste. Tout le monde souffre de cette situation. Il y a un Président ainsi que l'ancien Président Henri Konan Bédié, à qui je rends hommage, les ministres qui travaillent dans des conditions difficiles. Aujourd'hui, nos bureaux sont des chambres d'hôtel. Nos déplacements sont limités. C'est notre part de sacrifice. Le Président lui-même accepte cela. Il le vit comme une souffrance. Mais il l'accepte. Parce qu'il ne veut pas être Président pour lui-même. Si nous ici, nous craquons, nous abandonnons, à qui allons nous laisser la Côte d'Ivoire ? A cette bande illégitime, cette bande de tueurs ? A cette bande qui ne peut rien apporter aux enfants de la Côte d'Ivoire ? On n'a pas le droit de se décourager. C'est difficile. Mais regardez les luttes des peuples sud africains. 27 ans de luttes, nous ne mènerons pas une lutte aussi longue. Regardez tous ces pays. Le monde est en train de changer. Il y a une dynamique nouvelle dans le monde. L'usure de pouvoir, on n'en veut plus. Une clique au pouvoir qui vit dans l'opulence devant un peuple qui crie sa faim, ça ne marche plus. Il y a de nouvelles valeurs. Il y a une nouvelle écoute. Il faut anticiper sur ces choses-là. Le pouvoir par la force ne marche plus. L'armée égyptienne, une armée puissante n'a pas pu. On voit ce qui se passe, l'expression démocratique des peuples. Les peuples qui se sont donné rendez-vous. Dans le monde, il y a toujours des grands courants. Il y a eu le vent de la démocratisation. Aujourd'hui, c'est le droit d'exister, le droit d'avoir à manger, le droit d'avoir le développement. Le temps d'être dirigé par des valeurs de droit, le respect de la vie humaine. Les hommes ne rigolent plus avec ces valeurs. L'impunité, on ne vous laisse plus tuer les gens comme cela. C'est tellement évident. Il y a des gens qui ne voient pas, qui ne comprennent pas. Ils iront rendre compte devant l'histoire au TPI. On a attrapé des gens dix après, quinze ans après. Parce que le monde s'est donné le moyen de ne pas accepter l'arbitraire, de ne pas accepter la violence gratuite. De ne pas accepter les atteintes aux droits de l'homme. Aujourd'hui, c'est quotidien. Au quartier on appelle cela le « discas », c'est-à-dire qui prend par la force. C'est fini. Le monde est porté par d'autres valeurs. Aujourd'hui, il faut être légitime. Il faut avoir une relation parfaite pour être dans le concert des nations pour faire progresser son peuple. Dans ce monde universel, avec Internet, les autres voient, les gens de chez nous voient leur développement, leur retard. Ils comparent leur souffrance. Le monde a changé, c'est ça la nouvelle vérité. Je lui dis à Gbagbo qu'il ne pourra rien comme cela. Il va peut-être encore en tuer davantage, mais il ne pourra pas changer la donne. Il n'a pas été capable après 10 ans de pouvoir avec les moyens de l'Etat de gagner l'élection démocratique. S'il avait gagné, tout le monde allait applaudir. Tout le monde allait le reconnaitre. Il a perdu l'élection parce qu'il a fait une mauvaise campagne, axé sur le dénigrement, sur la violence, il n'a rien produit comme programme, il n'a pas séduit les Ivoiriens, dans son comportement, dans sa tenue. C'est tout cela que les gens regardent aujourd'hui. Ça ce sert à rien de donner le sentiment qu'on va prendre par la force. Qu'on va s'imposer. C'est un temps d'illusion de croire qu'on est la force. La grandeur aujourd'hui d'un homme, ce n'est pas ça. C'est dépassé. C'étaient des vérités, des logiques d'une autre époque. Même si vous êtes élu démocratiquement et que vous ne répondez pas aux attentes du peuple, vous avez un problème. Aux Etats-Unis, Obama a été élu dans un mélange d'adhésion généralisée. A mi mandat, il perd le sénat. L'attente du peuple est grande. Les gens demandent que les dirigeants soient à la hauteur de leurs attentes. Gbagbo ne peut pas régler les problèmes de la Côte d'Ivoire. Il ne peut pas sortir la Côte d'Ivoire de cette crise. Il peut tuer les Ivoiriens. Mais il payera pour ses crimes. Il peut alourdir son bilan. Il peut entraîner la Côte d'Ivoire dans le chaos, mais il ne s'en sortira pas.



 



 



 


 


 


 



 

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