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5ème FORUM DE L’ACTION INTERNATIONALE DES COLLECTIVITES CONFERENCE PLENIERE

samedi 5 juillet 2014

" LES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES PARTENAIRES DE L’UNION EUROPEENNE POUR LE DEVELOPPEMENT »

Mesdames et Messieurs,
Je suis honoré d’être parmi vous aujourd’hui et très heureux d’intervenir dans le cadre de votre forum.
Avant tout propos, je voudrais saluer la forte délégation ivoirienne qui participe à ce grand rendez-vous.
Je veux saisir l’occasion qui m’est donnée pour partager une idée qui n’est pas sans conséquence sur nos relations : L’Afrique et l’Europe sont interdépendantes et, j’irai plus loin, l’Afrique est l’avenir de l’Europe"

I - L’AFRIQUE EMERGENTE
L’Afrique s’impose de plus en plus comme un continent émergent qui prend la place qui lui revient dans la mondialisation :
-  En effet, depuis 10 ans, les économies d’Afrique connaissent des taux de croissance de plus de 5%/an dans une conjoncture mondiale pourtant dégradée ; pour la Côte d’Ivoire qui se relève d’une longue crise, le taux de croissance est au-dessus de 9%. C’est le résultat de l’engagement du Président Alassane OUATTARA pour une Côte d’Ivoire émergente.
-  Les économies africaines ont aussi amélioré de manière significative leurs résultats en matière de gouvernance et de gestion macroéconomique ce qui a eu pour effet un véritable boom de l’investissement : les flux de capitaux privés vers l’Afrique ont augmenté de 3% pour atteindre un record de 40 milliards d’euros et les investissements directs étrangers continuent de progresser sur tout le continent à un rythme de plus de 5%/an.
-  Autre symbole, l’essor d’une classe moyenne africaine est engagé et favorise la croissance économique tout en consolidant la démocratie : cette classe moyenne passera de 355 millions d’individus aujourd’hui (soit 34 % de la population africaine) à 1,1 milliard d’ici 2060 (soit 42 % de la population africaine).
L’image d’une Afrique tenue en marge des grandes mutations mondiales est dépassée. « Nous Africains » qui seront le quart de la population mondiale en 2050, nous prenons notre place dans la mondialisation.
Cette émergence est rendue possible par les nouvelles élites africaines. Je veux parler de ces nouvelles générations de décideurs, de businessmen et de créateurs qui sont connectés au monde et qui n’ont de cesse de transformer l’Afrique et de la faire rayonner.
Je me présente devant vous aujourd’hui, non seulement en tant que responsable politique d’un grand pays d’Afrique, mais aussi et surtout en tant que représentant de cette génération d’Africains qui croit en un avenir meilleur pour le continent et ses enfants.

II - LES DEFIS DE L’AFRIQUE
En Afrique, peut-être plus qu’ailleurs, nous sommes conscients que les fruits de la croissance doivent être partagés. En effet, malgré les bons résultats macro-économiques, 40% de la population africaine continue d’être frappées par la pauvreté. C’est-à-dire qu’elle vît avec moins de 1 euros/jour. Cette situation, nous ne devons pas l’accepter.
Il est donc de la responsabilité des décideurs politiques africains de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour améliorer les conditions de vie des populations et leur offrir de nouvelles perspectives grâce à l’éducation, à la formation, à l’emploi et à des services publics de proximité à la hauteur des enjeux.
Les enjeux sont de trois ordres : consolider la démocratie participative, assurer la justice sociale et construire l’égalité entre les territoires.
Plus concrètement, ce qui se passe est à la fois simple et dramatique :
La jeunesse africaine perd ses repères parce qu’elle n’a d’autres choix que l’émigration vers l’Europe ou la voie de la délinquance et de « l’argent facile ». Les deux options sont sans issue et génèrent des tensions qui fragilisent les fondements mêmes de nos sociétés, en Afrique et en Europe.
Mais, en réalité, il existe une troisième option, aujourd’hui l’exception, demain peut-être la règle : c’est la réussite de cette jeunesse pour le bien de l’Afrique et de l’Europe. Nous devons multiplier les « success stories » de jeunes entrepreneurs africains qui réussissent et qui créent des emplois en Afrique mais aussi en Europe.
Avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique possède la population la plus jeune au monde. 70% de ces jeunes Africains vivent avec moins de 2$ par jour. Cette jeunesse est notre principal défi. Une part de la solution se trouve sur nos territoires, dans nos collectivités.
C’est la raison pour laquelle la Côte d’Ivoire fait le choix de la décentralisation et que je souhaite vous proposer de nous retrouver, Afrique et Europe, autour d’une grande ambition en faveur de la décentralisation et du développement local.

III - UN PARTENARIAT AFRIQUE / EUROPE POUR LA DECENTRALISATION ET LE DEVELOPPEMENT LOCAL
Parce que l’Afrique et l’Europe sont interdépendantes, parce que l’Afrique est l’avenir de l’Europe, je veux vous proposer un nouveau partenariat Afrique / Europe pour la croissance et le développement dont l’un des piliers serait la coopération en matière de décentralisation et de développement local, là où se joue le quotidien des populations, là où nous pouvons agir pour « fixer » la jeunesse africaine et lui offrir des perspectives de vie meilleure.
Ce partenariat doit nous permettre de consolider l’émergence africaine mais doit aussi contribuer à la relance de l’Europe grâce au dynamisme qui se trouve aujourd’hui au sud de la Méditerranée et du Sahara.
En Côte d’Ivoire, le Président Alassane OUATTARA a impulsé le changement pour « reprendre en profondeur le processus de décentralisation (…) dans la cohérence et non plus dans la confusion »
Le millefeuille territorial a été simplifié autour de 197 communes, de 31 nouvelles régions et de 2 districts autonomes. La régionalisation a été lancée avec l’élection des conseillers régionaux le 21 avril 2013. Des discussions ont également été lancées sur l’autonomie, les compétences et le financement des collectivités territoriales ; tous des sujets très sensibles vous le savez bien.
En Europe et en France, la décentralisation est particulièrement avancée. Je dois vous avouer que je suis admiratif des résultats obtenus sur le plan de la transformation des villes (ex : Paris avec son Vélib’ ou encore Bordeaux avec son Tramway) mais aussi des zones rurales (ex : déploiement des réseaux de communication : transport, internet haut débit, etc.)
Le chemin parcouru en Europe et en France doit être une source d’enseignements pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique et nous aider à faire les bons choix.

Sur cette base, et comme ce fut le cas entre la France et l’Allemagne après la Seconde Guerre Mondiale, je forme le vœu que l’Afrique et l’Europe refondent leur relation grâce aux liens entre les territoires, entre les collectivités qui les composent et entre les populations qui y vivent.
Je souhaite donc un partenariat dynamique et porteur de changements réels pour nos pays. C’est cette ambition qui nous permettra d’être des acteurs au cœur de la mondialisation et de la construction du monde de demain.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie pour votre attention.

Hamed BAKAYOKO

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